Youth and training Le nom de « Bartelmus Pons » apparait dans des registres de la guilde de Haarlem au début du , mais les documents ne sont pas datés avec précision. Bartholomeus Pons est documenté dès 1518 à Tournus, chez Grégoire Guérard, après un séjour à Rome : Cristoforo Numai de Forli, cardinal titulaire de Santa Maria in Aracoeli à Rome, accorde une indulgence aux fidèles représentant, dans une lettre adressée à « Bartholomeo Pons paintre, demeurant à Tornis en la maison… maistre guerad ». Pons reçoit donc peut-être une indulgence (en échange d’une peinture ?). Il a peut-être collaboré avec
Grégoire Guérard sur plusieurs œuvres après son retour de Rome : le retable de saint Jérôme, le triptyque de Nicolas Chichon, ou celui de saint Augustin, à
Saint-Laurent-sur-Saône. Bartholomeus rentre peut-être à Haarlem ensuite : un « Bartholomeus, scilder » apparait dans les archives en
1523, fournissant à l’abbaye d’Egmont les volets d’un « Retable des Anges », et la prédelle d’un « Retable de saint Jean-Baptiste », et il est payé en
1524.
In the service of the Dinteville in Auxerre , musée du Louvre Il revient sans doute en Bourgogne durant les années 1530, pour entamer une nouvelle carrière au service des Dinteville à Auxerre. Bartholomeus Pons bénéficie du mécénat actif de
François II de Dinteville,
évêque d'Auxerre, issu d’une des plus riches et puissantes familles de Bourgogne.
François II de Dinteville a visité l’Italie, a étudié à l’université de Pavie, et a été ambassadeur de François auprès du pape Clément VII (1531-1533) : il a préparé le mariage de Catherine de Médicis avec le futur Henri II. François de Dinteville a peut-être entendu parler de Bartholomeus Pons grâce au cardinal Cristoforo Numai, qu’il a pu rencontrer en lui succédant à l’évêché de Riez. ,
Varzy Il peint en 1535 un grand triptyque pour le maître-autel de la
collégiale Sainte-Eugénie de Varzy (Nièvre, diocèse d'Auxerre), commandé par
François II de Dinteville, et offert en
1537. On lit à l’arrière, sur le support : « Ick ben bartel/… ». L’œuvre présente les armoiries des Dinteville, avec leur devise : « Virtuti fortuna comes » et une inscription dédicatoire. On y découvre un psaume en néerlandais (au premier plan, sur une tablette) et même les armoiries de la guilde de Saint-Luc de Haarlem (le peintre revendique ses origines). Deux bannières d’église aux armes de
François II de Dinteville et du chapitre cathédral d’Auxerre ont été récemment retrouvées dans les réserves du musée des Arts décoratifs, datées de 1536. Restaurées en 2010-2011, elles se trouvaient avant la Révolution dans l’église de
Saint-Bris-le-Vineux (Yonne) mais proviennent sans doute d’Auxerre. François de Dinteville publie en
1537 un processionnal, pour fixer les nouveaux usages liturgiques, peu après le début de son épiscopat. L’iconographie renvoie aux quatre grandes églises d’Auxerre :
cathédrale Saint-Étienne,
église Saint-Amâtre,
abbatiale Saint-Germain, et
collégiale Notre-Dame-de-la-Cité. Ces bannières témoignent de la volonté de la part de
François II de Dinteville de purifier l’église en revenant aux pratiques ancestrales, en prenant exemple sur les saints martyrs et les évêques missionnaires : il sera plus tard un fervent opposant à la Réforme. , Städelsches Kunstinstitut Bartholomeus Pons peint en
1537 une petite scène de genre :
Trois hommes descendant des tonneaux de vin dans une cave (un bollard de bois au premier plan porte les armes des Dinteville), sans doute un fragment d’un tableau plus grand, peut-être d’un retable dédié à saint Vincent, patron des vignerons, évidemment très vénéré en Bourgogne. On y décèle une passion pour les espaces puissamment structurés, où domine une perspective impeccable et des effets de coulisses et d’écran, dans la tradition néerlandaise. Dans cette optique, Cécile Scailliérez avait proposé de voir en Bartholomeus Pons l’auteur d’une
Scène de la vie de saint Sévère (collection particulière), qui a les mêmes caractéristiques (saint Sévère est d'ailleurs un compagnon de saint Germain d’Auxerre et saint patron des bonnetiers). Les Dinteville commandent sans doute aussi des portraits à Bartholomeus Pons : un portrait d’homme (l’un des Dinteville ?) a été acquis par le Louvre en 1971. Dans ses années bourguignonnes, il a peut-être participé à des décors de vitraux. Frédéric Elsig propose de lui attribuer la verrière de saint Fiacre et sainte Syre (datable vers 1530-1535) dans l’église Saint-Pierre à
Saint-Julien-du-Sault, la verrière des pèlerins de Saint-Jacques (une verrière de corporation), et la verrière de l’Arbre de Jessé (commandé par la famille Vignier), dans l’église Saint-Nicolas de
Châtillon-sur-Seine. Entre
1539 et
1542,
François II de Dinteville et trois de ses frères s’exilent en Italie (à la suite d'une affaire de mœurs). L’affaire judiciaire s’exprime à travers une ultime commande à Pons :
Moïse et Aaron devant Pharaon, peint pour le château de Polisy en 1537 à la demande de Jean de Dinteville, et qui faisait pendant aux célèbres
Ambassadeurs de
Hans Holbein. Le panneau comporte encore une inscription dédicatoire, et la devise des Dinteville « Virtuti Fortuna Comes ». C'est pendant la période d'exil de ses protecteurs qu'il aurait pu s'adresser à d'autres commanditaires. Le portrait de Jean de Langeac,
évêque de Limoges, daté de 1539, a ainsi pu lui être attribué. Ce dernier connaissait personnellement François de Dinteville et le portrait aurait pu être réalisé lors de son séjour à Auxerre en avril-.
Epilogue in Troyes Après l’exil des Dinteville, Bartholomeus Pons s’installe à
Troyes. Il y peint le
Songe de saint Joseph en 1541 (avec au revers
Jésus parmi les docteurs, en grisaille), sans doute fragment d’un volet de retable consacré à l’enfance du Christ. Il a peut-être été commandé par Jean de Dinteville, bailli de Troyes, l’un des seuls frères Dinteville à ne pas avoir été exilé. Il enseigne sans doute à un jeune assistant, puisque l'on retrouve son style (plus sec et moins sûr) sur certaines œuvres datables des années 1540 à Troyes : c'est peut-être l’œuvre d’un élève. ---> == List of works ==